Peuples, langues et minorités

Composition ethnique

Les Haoussas forment le groupe le plus nombreux, avec environ 47 pour cent de la population, principalement installés dans le centre et l'est du pays, autour de Maradi et de Zinder. Les Zarmas et Songhaïs, concentrés dans le sud-ouest et dans la vallée du fleuve, représentent près de 18 pour cent des habitants. Les Peuls, largement pastoraux, avoisinent 8 pour cent. Viennent ensuite les Touaregs de l'Aïr et de l'Azawagh, les Kanouris du Manga, les Toubous du Kawar et du Djado, les Arabes du nord-est, les Gourmantchés du sud-ouest et les Boudoumas des îles du lac Tchad.

Paysage linguistique

Le français est demeuré la seule langue officielle de l'indépendance jusqu'à la période récente et sert de langue d'enseignement et d'administration. Une dizaine de langues nationales bénéficient d'une reconnaissance juridique, parmi lesquelles le haoussa, le zarma, le fulfulde, le tamajaq, le kanouri, le tubu, le gourmantchéma, l'arabe, le boudouma et le tasawaq. Le haoussa fonctionne depuis longtemps comme langue véhiculaire dans une grande partie du pays et dans les échanges avec le nord du Nigeria.

Nouveau statut du haoussa

La charte de refondation adoptée le 26 mars 2025 a érigé le haoussa en langue nationale, le français et l'anglais étant maintenus comme langues de travail. Cette décision, présentée par les autorités comme une mesure de souveraineté culturelle, modifie l'équilibre linguistique hérité de la colonisation sans supprimer l'usage administratif du français. Sa mise en oeuvre concrète dans l'école et dans les services publics demeure progressive.

Tensions et populations vulnérables

Les rébellions touarègues des années 1990 et de la période 2007 à 2009 ont porté des revendications d'autonomie et de partage des revenus miniers du nord, réglées par des accords de paix successifs. Depuis 2015, la région de Diffa subit les conséquences du conflit du bassin du lac Tchad, tandis que la zone des trois frontières, dans le Tillabéri, connaît des violences attribuées à des groupes armés liés à l'organisation État islamique et au Jama'at Nosrat al-Islam wal-Mouslimin. Les communautés pastorales peules et touarègues comptent parmi les plus exposées aux déplacements forcés.