Scène politique au Niger

Héritage du multipartisme

Le Niger a connu le multipartisme à partir de 1991 et une alternance électorale en 2021, lorsque Mohamed Bazoum a succédé à Mahamadou Issoufou au terme de deux mandats. Le paysage partisan s'organisait alors autour du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme, formation au pouvoir, du Mouvement national pour la société du développement, héritier du régime de Seyni Kountché, et du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine conduit par Hama Amadou. Plusieurs dizaines de formations plus petites complétaient cet ensemble.

Dissolution des partis politiques

La charte de refondation du 26 mars 2025 a prononcé la dissolution de l'ensemble des partis politiques et abrogé la charte des partis. Les autorités justifient cette mesure par la nécessité de rompre avec ce qu'elles désignent comme une compétition partisane responsable de l'instabilité et de la mauvaise gouvernance. Aucun calendrier électoral n'a été fixé à ce jour, la charte prévoyant une transition de soixante mois modulable.

Acteurs de la vie publique

En l'absence de partis, l'espace politique se structure autour de l'armée, de l'administration, des organisations de la société civile et des chefferies traditionnelles. Des mouvements dits souverainistes, actifs depuis 2022 contre la présence militaire étrangère, soutiennent publiquement les orientations du pouvoir. Les centrales syndicales et les associations professionnelles conservent une capacité de mobilisation sur les questions sociales, tandis qu'une partie de l'ancien personnel politique s'est exilée ou s'est retirée de la vie publique.

Situation de l'ancien président

Mohamed Bazoum est détenu depuis juillet 2023 dans l'enceinte de la présidence à Niamey. Les autorités ont engagé une procédure pour haute trahison et atteinte à la sûreté de l'État, après la levée de son immunité. Le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a estimé en février 2025 que cette détention était arbitraire et contraire au droit international. Sa libération figure parmi les demandes régulièrement formulées par plusieurs organisations internationales et par des gouvernements étrangers.