Libertés publiques au Niger
Cadre juridique des libertés
La Constitution de 2010 garantissait les libertés d'expression, de réunion, d'association et de manifestation. Sa suspension le 26 juillet 2023 a placé ces garanties sous le régime de la charte de refondation du 26 mars 2025, qui affirme le respect des droits fondamentaux tout en organisant un pouvoir de transition sans assemblée élue et sans partis politiques. Le Niger demeure partie aux principaux instruments internationaux relatifs aux droits humains, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Liberté de la presse
Reporters sans frontières classait le Niger au 120e rang sur 180 pays dans son classement mondial de 2026, contre le 83e rang en 2025, ce qui traduit une dégradation rapide. L'organisation relève le retrait, en janvier 2024, de l'agrément de la Maison de la presse, structure faîtière des associations de journalistes, et la modification en juin 2024 de la loi sur la cybercriminalité, qui a rétabli des peines d'emprisonnement pour diffamation et pour diffusion de données susceptibles de troubler l'ordre public par voie électronique. Le code de la presse de 2010 avait pourtant supprimé la prison pour les délits commis par voie de presse.
Médias et information
Plusieurs médias internationaux francophones ont été suspendus sur le territoire depuis 2023 et des journalistes ont fait l'objet d'arrestations, dont un correspondant de Deutsche Welle interpellé en janvier 2025 selon Reporters sans frontières. La presse privée subit par ailleurs une fragilité économique marquée, liée au recul des recettes publicitaires, au coût de l'impression et à la concurrence des réseaux sociaux. Les radios communautaires restent le principal vecteur d'information en milieu rural.
Rassemblements et société civile
Les manifestations publiques sont soumises à autorisation préalable et plusieurs rassemblements ont été interdits depuis 2023 pour des motifs d'ordre public. Des organisations de défense des droits humains, parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch, ont documenté des arrestations de responsables associatifs et d'anciens responsables politiques. Les organisations humanitaires signalent en parallèle des restrictions d'accès dans les zones sous état d'urgence, notamment à Tillabéri et à Diffa.