Institutions politiques au Niger
Rupture constitutionnelle de 2023
Le 26 juillet 2023, la garde présidentielle a séquestré le président Mohamed Bazoum, élu en 2021, avant qu'un groupe d'officiers annonce sa destitution et forme le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie. La Constitution du 25 novembre 2010, qui organisait la septième République, a été suspendue, l'Assemblée nationale dissoute et les institutions issues des urnes écartées. Le général Abdourahamane Tiani, alors chef de la garde présidentielle, a pris la tête du nouvel organe dirigeant. Un gouvernement de transition a été formé et Ali Lamine Zeine, ancien ministre des Finances, a été nommé Premier ministre en août 2023.
Charte de refondation
Des assises nationales tenues en février 2025 ont recommandé de confier le pouvoir au chef du Conseil national pour une durée renouvelable. La charte de refondation, signée le 26 mars 2025, sert depuis lors de texte fondamental à la place de la Constitution suspendue. Elle investit le général Tiani président de la République, fixe une période de transition de soixante mois modulable selon l'évolution de la situation sécuritaire, prononce la dissolution des partis politiques et érige le haoussa en langue nationale, le français et l'anglais restant langues de travail.
Organes du pouvoir
Le président de la République cumule les fonctions de chef de l'État, de chef du gouvernement au sens de l'orientation générale et de chef suprême des armées. Un Conseil consultatif de la refondation exerce les attributions consultatives et normatives laissées vacantes par la dissolution de l'Assemblée nationale. Les ministres sont nommés par décret présidentiel. Les juridictions ordinaires continuent de fonctionner, la Cour d'État ayant repris une partie des compétences des anciennes cours constitutionnelle et de cassation.
Administration territoriale
Les huit régions, les soixante-trois départements et les communes restent les cadres de l'administration déconcentrée, dirigés par des gouverneurs et des préfets nommés, le plus souvent parmi les officiers depuis 2023. Les conseils municipaux et régionaux élus ont été remplacés par des délégations spéciales. Les autorités coutumières, chefferies de province, de canton et de groupement, conservent un rôle reconnu par la loi dans la médiation foncière et le règlement des litiges locaux.