La musique nigérienne

Instruments et répertoires traditionnels

La musique nigérienne repose sur des répertoires régionaux étroitement liés aux langues et aux modes de vie. Les griots haoussa et zarma accompagnent les récits historiques au molo, un luth traditionnel, et au tama, un tambour parlant dont la tension modulée imite les tons de la parole. Chez les Touaregs, l'imzad, vielle monocorde réservée aux femmes, soutient la poésie chantée lors des assemblées du soir, tandis que le tambour tende rythme les fêtes et les courses de chameaux. Les pratiques liées à l'imzad sont inscrites par l'UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, conjointement avec l'Algérie et le Mali.

Blues du désert et guitare touarègue

Des musiciens touaregs ont adapté la guitare électrique aux modes et aux rythmes de l'assouf, donnant naissance au style souvent appelé blues du désert. Omara Moctar, connu sous le nom de Bombino et né en 1980 à Tidene, chante en tamasheq et s'impose comme la figure internationale de ce courant. Son album Agadez paraît en 2011, suivi de Nomad en 2013, produit par Dan Auerbach, d'Azel en 2016, produit par David Longstreth, puis de Deran en 2018 et de Sahel en 2023. Deran lui vaut une nomination aux Grammy Awards, une première pour un artiste nigérien.

Nouvelle génération et diffusion numérique

Mdou Moctar, de son vrai nom Mahamadou Souleymane et né en 1984 à Abalak, illustre le renouvellement de cette scène. Il fabrique sa première guitare avec des câbles de vélo et voit ses enregistrements se propager de téléphone en téléphone à travers le Sahel avant toute sortie officielle. Ses albums, parmi lesquels Ilana en 2019, Afrique Victime en 2021 et Funeral for Justice en 2024, paraissent chez les labels Sahel Sounds et Matador Records. Il tient également le rôle principal du film Akounak Tedalat Taha Tazoughai, sorti en 2015.

Scènes urbaines et circulation

Dans les quartiers de Niamey, de Zinder et de Maradi, le hip-hop nigérien s'est imposé auprès de la jeunesse en mêlant le haoussa, le zarma et le français. Les groupes touaregs Toumast et Group Inerane prolongent par ailleurs la veine électrique venue de l'Aïr. Les orchestres de mariage, les radios communautaires et les festivals régionaux assurent la circulation de ces répertoires, tandis que les grands rassemblements pastoraux demeurent des moments forts de la musique vivante.