La littérature nigérienne

Héritage de la tradition orale

La littérature nigérienne puise dans un fonds oral ancien que se transmettent les griots, les conteurs et les poètes des sociétés songhaï-zarma, haoussa, peule et touarègue. Ces dépositaires de la mémoire collective récitent des généalogies, des épopées et des récits de fondation lors des veillées, des mariages et des cérémonies de cour. La poésie touarègue en tamasheq accompagne souvent l'imzad, une vielle monocorde jouée par les femmes, dont les pratiques et les savoir-faire figurent sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité établie par l'UNESCO.

Génération fondatrice

Boubou Hama, né en 1906 et mort en 1982, domine la première génération d'auteurs nigériens. Poète, philosophe, historien et homme politique, il préside l'Assemblée nationale de 1958 à 1974 tout en publiant plus de trente ouvrages consacrés à l'histoire, à la philosophie africaine et aux traditions du continent. Il signe avec Jean Boulnois L'Empire de Gao en 1954 et obtient le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1970 pour sa trilogie Kotia-Nima. Le musée national de Niamey porte aujourd'hui son nom.

Écriture et engagement politique

Abdoulaye Mamani, né à Zinder en 1932 et mort en 1993, incarne une littérature de contestation. Élu député en 1956 sous la bannière du Sawaba, il connaît quatorze années d'exil après l'interdiction de son parti au lendemain de l'indépendance. Son roman Sarraounia, paru en 1980, retrace la résistance d'une cheffe traditionnelle à la progression de la mission Voulet-Chanoine. Le cinéaste Med Hondo en tire un long métrage récompensé au FESPACO en 1987. Poémérides, publié en 1972, et la pièce Le Balai, en 1973, complètent une œuvre partagée entre poésie et théâtre.

Langues d'écriture et création actuelle

Le français reste la principale langue d'édition, mais une production en haoussa et en zarma circule sous forme de recueils de contes, de proverbes et de pièces radiophoniques. Le poète et plasticien touareg Hawad, né en 1950, écrit en tamasheq et travaille l'écriture tifinagh comme une matière graphique. Les maisons d'édition installées à Niamey, les concours scolaires et les prix littéraires nationaux soutiennent une génération de romanciers et de nouvellistes qui abordent l'exode, la vie urbaine et les mutations de la société sahélienne.